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Une journée, quatre pizzerias, et un estomac très sérieux : le pèlerinage pizza à Naples

Une journée, quatre pizzerias, et un estomac très sérieux : le pèlerinage pizza à Naples

Je vais être honnête avec vous au sujet de la journée que je vais décrire : j’ai mangé quatre pizzas avant 15 h, fait la queue deux fois dans la même rue, eu un léger désaccord avec un inconnu sur la question de savoir si Da Michele ou Sorbillo fait la meilleure Margherita, et fini assis sur un trottoir à manger une pizza pliée dans du papier ciré. C’est l’une des meilleures journées que j’aie jamais passées dans une ville. Bienvenue dans le pèlerinage pizza de Naples.

Via Cesare Sersale, Via dei Tribunali, Materdei
Étapes4 pizzerias, un après-midi
CoûtEnviron 15–20€ au total sur les quatre étapes
Meilleure heure de départ11h30, avant que les files ne s’allongent
RythmeManger des moitiés, partager quand c’est possible

Les règles du jeu

Quelques points à comprendre avant de vous lancer. Premièrement, le rythme est tout — une pizza napolitaine est à peu près de la taille d’une assiette à dîner et ne constitue pas une collation légère. Si vous mangez une Margherita entière à chaque arrêt, vous serez hors service avant midi. Mangez des moitiés quand vous le pouvez, partagez quand vous ne pouvez pas, et commandez la pizza a portafoglio (pliée en quatre, mangée debout, 2–3 €) au moins une fois pour un apport plus raisonnable.

Deuxièmement, les files sont réelles. Da Michele et Sorbillo voient toutes les deux des queues qui commencent à se former avant midi et s’allongent sur le trottoir dès 12 h 30. Venez tôt — 11 h 30 n’est pas embarrassant, c’est stratégique — ou acceptez une longue attente et mettez à profit le temps pour étudier le menu que vous connaissez déjà par cœur.

Troisièmement : la Margherita est la référence. Pas la Diavola, pas les spéciaux, pas la version à la truffe qui n’existe nulle part près de la Via dei Tribunali. Commandez la Margherita et vous comprendrez pourquoi tout le monde se dispute.

Quelques éléments à comprendre avant de vous lancer. D’abord, le rythme compte — une pizza napolitaine a à peu près la taille d’une assiette de dîner et n’est pas un léger encas. Si vous mangez une margherita entière à chaque étape, vous serez rassasié dès midi. Mangez des moitiés quand vous le pouvez, partagez quand vous ne le pouvez pas, et commandez au moins une fois la pizza a portafoglio (pliée en quatre, mangée debout, 2–3€) pour vous accorder une portion plus légère. Notre guide complet de la pizza napolitaine couvre le paysage plus large des pizzerias au-delà des quatre classiques de ce parcours.

Arrêt 1 — L’Antica Pizzeria da Michele

Da Michele est le Vatican de la pizza napolitaine. Elle est ouverte depuis 1870, ne sert exactement que deux pizzas (Margherita et Marinara), et les a toutes deux préparées exactement de la même façon depuis plus longtemps que quiconque en vie ne peut s’en souvenir. Le décor est fonctionnel. Le service est rapide. La pizza est extraordinaire — la pâte légèrement carbonisée, le cornicione gonflé et taché de bulles, la tomate éclatante, la fior di latte fondue au centre. Une Margherita coûte 5 €.

La file sur la Via Cesare Sersale avance plus vite qu’elle n’en a l’air. Vous obtiendrez un ticket numéroté, attendrez sur le trottoir, et serez appelé dans l’une des deux salles quand une table se libère. N’entrez pas pour demander une place — respectez le système. L’expérience entière prend environ 45 minutes, file comprise, et cette file fait partie de l’expérience.

Arrêt 2 — Gino Sorbillo sur la Via dei Tribunali

Remontez 200 mètres dans la rue et vous voilà chez Sorbillo, le grand rival de Da Michele et source du désaccord que j’ai mentionné. Sorbillo est plus bruyante, plus théâtrale, et propose une carte plus longue. La pizza elle-même est légèrement plus souple, la pâte un peu plus aérée, les garnitures un poil plus généreuses. Elle coûte aussi 5–7 €.

Que ce soit Sorbillo ou Da Michele qui fasse la meilleure Margherita dépend de qui vous interrogez et probablement de celle que vous avez goûtée en premier. J’ai essayé les deux le même après-midi et je ne suis parvenu à aucune conclusion définitive. C’est la bonne attitude. La ville n’a pas besoin que ce débat soit tranché.

Arrêt 3 — Di Matteo et la politique du portafoglio

Di Matteo, un peu plus loin sur la Via dei Tribunali, est légèrement moins célèbre que ses deux grands voisins et donc légèrement moins bondée. Elle est là depuis 1936, dispose d’un comptoir sur la rue pour la pizza a portafoglio, et a reçu Bill Clinton en 1994 — une photo commémorant l’événement est accrochée à l’intérieur. Le portafoglio du comptoir de rue coûte 2,50 € et c’est le bon choix de mi-journée : pizza pliée, mangée en quatre bouchées, sauce sur les doigts.

Manger une pizza pliée, debout sur le trottoir, dans la rue où elle a été inventée — voilà ce que les restaurants ne parviennent pas tout à fait à reproduire. Si vous ne faites qu’une seule chose sur cette liste, que ce soit celle-là.

Manger une pizza pliée, debout sur le trottoir, dans la rue où elle a été inventée — voilà ce que les restaurants ne reproduisent jamais tout à fait. Si vous ne faites rien d’autre sur cette liste, faites au moins cela. Le guide gastronomique de Spaccanapoli propose d’autres options de vente au comptoir dans la rue le long du même tronçon si Di Matteo affiche une file d’attente.

Arrêt 4 — Starita à Materdei

Starita nécessite un court détour vers le nord, dans le quartier de Materdei, ce qui en vaut la peine aussi bien pour la pizza que pour échapper à la densité touristique de la Via dei Tribunali. La pizzeria est dans une ruelle étroite et est ouverte depuis 1901. Elle est connue pour la pizza fritta — une poche frite et pliée fourrée de ricotta, de cicoli (couenne de porc) et de tomate, la version que Sophia Loren aurait vendue depuis un étal dans le film de 1954 L’Oro di Napoli. Elle coûte environ 3 €, est de la taille d’un petit oreiller, et est exceptionnelle.

À ce stade de l’après-midi, vous serez soit dans un état de profonde satisfaction, soit en légère détresse. Les deux réactions sont appropriées.

Les quatre étapes comparées

PizzeriaCommande signaturePrixAttente
Da MicheleMargherita5€File de ~30–45 min
SorbilloMargherita5–7€File de ~30–45 min
Di MatteoPizza a portafoglio2,50€Minimale, vente au comptoir
StaritaPizza fritta~3€Minimale, à l’écart de la rue principale

Au-delà des pizzerias — le contexte qui enrichit tout

Si vous voulez aller plus loin que les quatre classiques, le

circuit street food en six étapes

couvre le tableau d’ensemble — cuoppo, frittatina, taralli, tout l’écosystème frit-et-plié qui entoure la culture de la pizza napolitaine. C’est une bonne façon de comprendre que la pizza, malgré sa gloire planétaire, n’est qu’un élément d’une tradition de street food riche et largement méconnue hors de la ville.

Et si vous voulez mettre les mains dans la pâte vous-même, le

cours de pizza avec déjeuner

vous donne de vraies bases techniques — vous comprendrez pourquoi la pâte est plus humide qu’on ne s’y attend, pourquoi la température du four est non négociable, et pourquoi la pizza napolitaine parfaite est genuinement difficile à reproduire chez soi. Cela rend le pèlerinage plus intéressant, pas moins.

Si vous voulez aller plus loin que les quatre classiques, la

visite street food en six étapes

couvre un tableau plus large — cuoppo, frittatina, taralli, tout l’écosystème frit et plié qui entoure la culture de la pizza napolitaine. C’est une bonne façon de comprendre que la pizza, malgré sa renommée mondiale, n’est qu’une partie d’une tradition de street food riche et largement méconnue en dehors de la ville — notre guide street food de Naples en dresse le reste.

Et si vous voulez mettre la main à la pâte vous-même, le

cours de pizza avec déjeuner

vous donne de vraies bases techniques — vous apprendrez pourquoi la pâte est plus humide que ce à quoi vous vous attendez, pourquoi la température du four n’est pas négociable, et pourquoi la pizza napolitaine parfaite est réellement difficile à reproduire chez soi. Cela rend le pèlerinage plus intéressant, pas moins. Pour une version plus organisée et guidée de toute cette journée, le récapitulatif des meilleures visites gourmandes de Naples présente d’autres opérateurs à considérer.

La question de la Margherita, enfin résolue

Voici mon verdict honnête après des années de ce débat : la Margherita de Da Michele est la pizza la plus austère, la plus concentrée — elle a un goût de doctrine. Celle de Sorbillo est plus exubérante, plus sensible à la variation. Les deux sont magnifiques. La bonne posture est de manger les deux le même après-midi et de refuser de choisir. Le trottoir vous attend.